Quand je parle à des clients néophytes à la librairie, des clients intrigués par l'univers du manga, j'ai tendance à cibler leurs goûts cinématographiques, littéraires ou musicaux pour réduire à presque zéro la probabilité que l'un d'eux revienne en magasin, le livre en miette avec un regard exprimant haine, dégout, déception, bref : l'échec.
Le manga se décline en plusieurs catégories et sous-catégories qui permettent de voir ce qu'un lecteur averti ou non recherche et dans tous ces genres, s'il y'en a un qui se décline à l'infini sans trop souffrir de redondance, c'est le genre : "embrouille insulaire".

C'est donc de l'une de ces séries que nous parlerons aujourd'hui, j'ai nommé : l'Ile Infernale.

jaquette

Fiche:

Genre: Seinen
Style: Action - Drame - Social - Anticipation
Auteur: Yousuke OCHIAI 
Éditeur: Komikku
Sortie (VO) : 2009
Volumes (VF): 3 (fini)

Petit mot sur l'auteur... ou pas!

Le scénariste/dessinateur s'appelle Yusuke Ochiai.
... voilà.
Comme aucune autre information n'est vraiment disponible, parlons un peu de la maison d'édition : Komikku. Originellement librairie spécialisée manga située en plein coeur de Paris, c'est en 2012 que voient le jour Les Editions Komikku. L'idée n'est pas spécialement de s'insérer dans un marché déjà saturé ou presque. Le but est d'offrir un choix ciblé, original et varié dans leurs sélections. A l'heure actuelle, les séries choisies par Komikku sont toutes de bonne mouture et en tant que libraire, j'avoue qu'il est agréable de voir le genre se renouveler aux travers de séries bien traduites, et bénéficiant d'un packaging très sobre et très beau. Nous aurons l'occasion de passer en revue d'autres séries publiées chez Komikku qui, pour une nouvelle maison d'édition, sait se démarquer par la pertinence et la variété des mangas proposés. Bon stop la paumade, entrons dans le vif du sujet !

Synopsis

L'histoire débute au Japon, dans un Japon où la peine de mort a été abolie, mais que les prisonniers ne se réjouissent pas trop vite, cette sanction ultime est remplacée par une autre peine : celle du Bannissement. L'idée est donc de punir les crimes les plus graves, en exilant le condamné sur une île plus ou moins éloignée selon la gravité du crime pour lequel il a été reconnu coupable. C'est donc dans ce contexte qu'apparait Ei Mikoshiba, condamné à l'exil sur l'île la plus éloignée possible, comme punition pour le meurtre de plusieurs personnes. Le but de la manœuvre - car oui, tout était prévu - étant de retrouver l'assassin de sa famille.
Nous suivons donc Mikoshiba dans cette prison insulaire joliment nommée "Île Infernale", à la recherche de Sakaki, celui qui a tué les siens, et qui au passage est son ami d'enfance.

Koh Lanta du Mal!

Sur l'île, l'ambiance cartonne. Mis à part quelques mecs perdus dans la jungle en mode "je dégomme tout ce qui passe", cette île est très organisée. Des camps de travail situés à divers endroits du rocher réduisent en esclavage les prisonniers qui y sont enfermés. Des joutes entre secteurs constituent l'attraction principale, au cours desquelles, les champions de chaque camp s'entretuent pour désigner celui qui apportera un peu de confort à son camp.

C'est alors que notre héros, tout en enquêtant sur la présence éventuelle de sa cible, découvre l'existence d'une jeune fille - clairement la seule femme de l'île - répondant au nom de "Déesse". Savoir évoluer dans ce monde ultra violent sera la condition sine qua non pour mettre la main sur l'assassin de sa famille.

 

page l'ile infernale



Une série à l'image du héros: peu de place à la surprise

L'Île Infernale est un manga qui se décline en 3 tomes. Le style narratif est simple, voire simpliste. Le découpage général de la série fonctionne plutôt bien, et le moins qu'on puisse dire c'est que Yusuke Ochiai sait aller droit au but. C'est assez amusant de voir comment la narration est littéralement à l'image du héros. Je m'explique, quand on regarde la personnalité de Mikoshiba, on voit tout de suite à qui on a affaire : le gars pragmatique, efficace, se pose pas de questions, mais sait anticiper les coups bas. Le gars a tout prévu, tout pensé, et dans sa tête, il prévoit pas vraiment d'impair. J'ai eu l'impression de suivre les aventures d'un héros en phase totale avec la série qui le met en avant. Le mec c'est l'image même du style narratif de l'auteur, tant est si bien qu'on ne ressent aucune peur à le voir dans les situations les plus désespérées. Le fan des héros des années 80 que je suis apprécie le "Ken le survivant" style, mais je ne suis pas certain que la nouvelle génération de lecteurs arrive à s'identifier.

Et au final, bah en 3 tomes, le série se conclut, emballé c'est pesé, circulez y a rien à voir.
C'est le truc avec les séries courtes, un début tonitruant, un milieu assez standard, une fin somme toute assez bateau.

L'ile infernale

 

A part ça?

Côté graphique, pour faire écho avec ce qui est dit au-dessus, le but c'est pas que ça soit beau (même si le dessin est très acceptable et plutôt sympa à regarder), c'est que ça soit efficace. On fait pas dans la dentelle, ça saigne, ça castagne et ça complote. Bon le plot est un peu pauvre, le thème de la vengeance peut paraître réchauffé, mais on appréciera l'effort d'originalité quant aux tenants et aux aboutissants de l'affaire que nous suivons. Sans parler non plus de méga retournement de situation, l'histoire offre différents point de vue qui évitent le piège de la monotonie, dans lequel il est pourtant si facile de tomber quand on combine le thème de la vengeance et un cadre insulaire.

 

Conclusion

L'Île Infernale, malgré les quelques défauts qu'elle peut comporter reste une série, à mon sens très intéressante. Courte, efficace, avec des évènements qui s'enchainent bien. On n'a pas le temps de s'ennuyer et même si on ne s'attache pas des masses au personnage principal, on apprécie son côté bourrin mais réfléchi, qui offre des bonnes scènes de baston, entrecoupées de révélations, certes pas extraordinaires, mais bien amenées.

Je conseille donc cette série bien sympathique, dont le troisième et dernier tome vient de paraître aux éditions Komikku.

 

Critique faite par Alex, propriétaire de l'O-taku Manga Lounge.
Retrouvez cette critique et plein d'autres sur le site de notre partenaire
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