Vous rentrez chez vous après une dure journée de labeur qui clôture une semaine pourrie, marquée par la mort de votre animal de compagnie préféré (qu’on appellera Félix), et là : stupeur ! Devant votre porte se trouve une étrange malette noire qui contient une somme d’argent faramineuse. Ca pue, vous savez que ça pue, mais la vue du fric est trop belle est c’est en feignant l’ignorance que vous vous retrouverez embarqué dans un jeu qui vous dépasse : le Liar Game !

jaquette Liar-game

Fiche:

Genre: Seinen
Style: Policier - Suspense
Auteur: Shinobu Kaitani
Éditeur: Tonkam
Sortie (VO) : 2005
Volumes (VF): 9 (en cours)

Petit mot sur l’auteur

Shinobu Kaitani est né le 24 Septembre 1967 à Kagoshima. Shinobu Kaitani gagne en 1991, le prestigieux Prix Tezuka pour son œuvre "mō hitori no boku". Sa carrière de dessinateur connaît un essor croissant où son talent trouvera sa place en travaillant sur des séries à succès telles que "Sommelier" en 1996, ou encore "One Outs" en 1998 publiée dans le magazine Business Jump. Kaitani connaîtra à nouveau le succès avec sa série phare pour laquelle il est véritablement reconnu en tant que dessinateur et auteur : Liar Game un seinen psychologique paru en 2005 et prépublié quant à lui chez dans le magazine Young Jump. Pour l’heure, 11 tomes sont parus au Japon, contre 9 en France aux éditions Tonkam.

Un auteur bourré de talent qui séduira aussi bien le public japonais qu’occidental, et une fois n’est pas coutume, c’est mérité !

 

Dumb and dumber

L’histoire commence par la présentation de celle qui sera montrée comme l’héroïne de base : Nao Kanzaki, une jeune fille gentille, plus ou moins jolie selon les goûts, serviable, volontaire, bref, elle cumule les qualités. Mais un gros défaut lui amènera un lot de tourments sans précédent dans sa vie : elle est ridiculement et pitoyablement naïve. C’en est désespérant. Mais le bon côté (si tant est qu’il y en ait), c’est qu’elle en a parfaitement conscience. Pas étonnant donc de la voir terriblement paniquée quand en rentrant chez elle, un jour comme un autre, elle constate qu’une mystérieuse malette (avec une note à son attention) l’attend sur le pas de sa porte. Elle ne comprendra que trop tard qu’elle est alors embarquée dans un jeu d’argent impitoyable !

 

Qui, pourquoi, comment ?

Une organisation aux activités pour le moins occultes répondant au nom de LGT met en place une sorte de tournoi à plusieurs manches successives dans lequel les participants s’affrontent dans le but certes de remporter un max d’argent (on parle de plusieurs centains de millions de Yen) mais surtout d’éviter d’en perdre. Car une défaite au Liar Game signifie un endettement tout aussi colossal dont à priori les méthodes de recouvrement utilisées laissent présager littéralement l’enfer.

Le premier tome de la série est donc une sorte d’introduction ou Kanzaki devra affronter un adreversaire, pour le coup connu, afin de se sortir de ce traquenard des plus machiavéliques.

La première manche l’opposera donc à son ancien prof de collège (à priori de confiance) qui a reçu la même malette que la gentille Nao. Le but étant de subtiliser la malette à son adversaire dans un délai de 30 jours. Au terme de ce délai, le LGT vient récupérer l’argent avancé. Une formalité pour le vainqueur en possession de deux valises. Mais qu’en est-il du perdant qui doit alors rembourser cet organisme pour avoir perdu la valise qui lui a été confiée ? (le manga ne le montre pas explicitement, mais si vous avez lu Ushijima, critique ici ,vous devez en avoir un petite idée).

Et évidemment la gentille Nao, après s’être faite avoir en beauté par ce gentil prof à la retraite, sollicite l’aide d’un des plus grands escrots du Japon (tout juste sorti de prison) pour la sortir de ce pétrin : Akiyama. On assiste alors à la naissance d’un duo aussi improbable qu’innatendu dont le périple les mènera dans les méandres d’un jeu de dupes sans pitié ou seuls les plus malins pourront naviguer à coup de mensonges, de vice et de manipulations.

Un Death Note 2.0

D’autres personnages hauts en couleurs feront leur apparition au fur et à mesure des tomes, tous plus vicieux les uns que les autres. On assiste à une parade où le « mind game » est bien toujours poussé, toujours plus aceré au fil des jeux. Les rapports entre les participants ne sont pas sans rappeler un certain « Death Note » dans la manière d’anticiper, tromper, embrouiller l’adversaire. Sauf que là, pas de cahier qui tue, pas de dieu de la mort, pas de mystique, et on ne se focalise pas que sur une dualité. Liar Game dresse un portrait assez accablant du genre humain, en tout cas de ce que la société en a fait. On a affaire à une armée de joueurs tous plus intelligents et créatifs. Des « L » et des « Raito », on en trouve à la pelle, et ceux-là ne nourrissent aucun désir de justice. Ceux-là ne sont motivés que par l’argent !

Ce qui, à mon sens ajoute du piment à une histoire où en plus de devoir s’affronter en solo ou en équipe, c’est la LGT toute entière qui se révèle être le véritable ennemi à abattre.

 

Parlons graphisme ?

Le style graphique est original. Kaitani a un trait innimitable, très épuré et très doux. Aucun superflux, l’auteur a complètement réussi à faire passer ses idées à travers des personnages magistralement bien dessinés. Les visages sont rafinés, les regards et les émotions font mouche et les dégradés de couleurs se déposent comme un voile destiné à servir la comprehension de la scène plus qu’à la remplir. Rien n’est fait pour rien et le manga en plus d’avoir un trame scénaristique en béton, peut se gargariser d’avoir un trait sublime pour le servir.

Cool :

-Persos attachants et complexes.
-Intrigue accrocheuse très rapidement.
-Bon découpage des jeux au fils des tomes.
-Belle couverture, jolie collection à posséder.

 

Pas cool :

-Quelques longueurs dans les explications des stratégies.
-Le temps que prend la parution d’une suite fait parfois décrocher de la série.
-Le côté un peu trop gentil de l’héroïne.

Conclusion :

Perso, j’aime vraiment bien cette série. Même si on a le sentiment parfois que Liar Game souffre des défauts de ses qualités : un scénar abouti, recherché, complexe… parfois trop (je déconseille de lire au lit sous peine de sucomber à un appel sans retour de morphée).

A part ça, le manga soulève des intrigues à l’intérieur même des manches qui sont juste croustillantes ! Même si les tomes mettent un peu de temps à sortir, ce qui force souvent le lecteur à relire le tome précédent, chaque volume se déguste comme tout bon seinen qui se respecte. Shinobu Kaitani met le doigt, à travers cette série, sur le fait que quelque chose ne tourne pas rond dans notre société, et cette critique du monde tel qu’il est et de ses effets pervers sur l’Homme est faite avec beaucoup de réalisme et de talent. En plus on apprend…en tout cas moi perso, j’ai appris un tas de trucs !

 

Critique faite par Alex, propriétaire de l'O-taku Manga Lounge.
Retrouvez cette critique et plein d'autres sur le site de notre partenaire
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