Berserk

Quand j'ai commencé Berserk, la série en était à son tome 29. Autant dire que malgré l'énergie que mes amis mettaient en approchant toutes sortes d'objets tranchants de ma carotide, j'ai fait de la résistance. Une belle erreur de ma part que j'ai tôt fait de réparer suite à la lecture du tome 1 !

jaquette

Fiche:

Genre: Seinen
Style: Aventure - Fantastique
Auteur: Kentaro Miura
Éditeur: Glénat
Sortie (VO) : 1990
Volumes (VF): 37 (en cours)

Petit mot sur l'auteur

Kentaro Miura, dessinateur né le 11 Juillet 1966 surtout connu pour Berserk a eu, par le passé l'occasion de travailler avec Buronson, auteur de la mythique série Hokuto no Ken réputée elle aussi pour sa violence sans retenue. De cette collaboration scellée par l'hémoglobine, naîtront, d'une part le diptyque Oh-roh / Oh-roh-Den (1989) et Ja-Pan (1992). Ne recueillant qu'un très modeste succès (ce qui est compréhensible vu la pauvreté du propos), Kentaro Miura décide de se recentrer sur son projet phare, Berserk, qui n'en finira pas d'éblouir les lecteurs.

Synopsis

Quelque part au Midland dans ce qui semble être une Angleterre du moyen-âge, erre un guerrier solitaire nommé Guts (Gatsu chez les Japonais), à première vu chasseur de démons (je simplifie un peu là) et à la recherche d'un personnage nommé Griffith.

Bien décidé à en découdre celui qui autrefois était comme un frère pour lui, son désir de vengeance laisse entrevoir un passé sombre et sanglant, qui se découvre au fil de l'histoire. Car oui, la chronologie habilement mise en scène nous renvoie en arrière, jusqu'à la naissance de Guts. S'en suivent alors des années qui ne seront que violence, champs de bataille, exactions, morts, le tout dans un Midland ravagé par une interminable guerre.

En gros, en suivant Guts à chaque instant de sa vie, on est témoin du moment qui conditionnera pour toujours son destin, sa rencontre avec Griffith, chef d'un groupe de mercenaires alliés au Roi du Midland et répondant au nom de "Troupe du Faucon".

 

Berserk

 

Critique

Ne nous leurrons pas, Berserk dans son introduction, est d'abord, et c'est totalement assumé, une énorme boucherie, doublée d'interminables combats, parfois entrecoupés de scènes de sexe des plus explicites. Mais réduire l'esprit de la série à cela serait naïf, voire stupide.

Il y a des thèmes qui sont chers à Miura et qui sont magistralement illustrés. Sur fond de guerre, de combats et de sang, ce sont avant tout des questions existentielles qui ressortent de Berserk parmi lesquelles, la plus importante : la fatalité ou plus précisément la causalité. Alors effectivement vu le profil du héros, on imagine mal qu'une forme de volonté supérieure va lui imposer une destinée inéluctable. C'est pourtant cette même volonté qui guidera Griffith vers son destin, un destin sombre qui fera couler beaucoup de sang dans le but de son accomplissement.

Jusqu'au tome 35, la fréquence de sortie des mangas est très acceptable. Trois à Quatre mois en moyenne séparent deux tomes, ce qui est très honorable quand on voit la qualité de ce qu'on tient dans nos mains. Mais on parle ici de la version française de Glénat. Or au Japon, il faut compter environ 1 tome par an. Résultat, maintenant que Glénat a refait son retard il ne leur reste plus qu'à tempérer, et on arrive à des délais de parution ridicules de 12 à 18 depuis le tome 35. Mais chaque page, chaque case étant littéralement un chef-d’œuvre, on se délecte autant du souci du détail que de la pertinence des propos tenus par les différents protagonistes, en pardonnant à ce cher Miura le temps attendu.

 

Berserk



Cool : Commencée en 1989, et toujours en cours, la série dont le très attendu tome 36 (sorti récemment au Japon) ne déroge jamais aux axes principaux qui en font le succès. Le scénario parfaitement bien construit nous fait parvenir les informations en temps et en heure, sans suspens à rallonge qui pourrait même frustrer les plus patients d'entre vous. De ce fait, c'est avec satisfaction qu'on assiste à une vraie mue du héros (qui a plus un profil d'antihéros en fait). Car oui, un guerrier assoiffé de sang qui évolue autrement que par sa force physique, c'est agréable, et d'autant plus surprenant qu'on sent l'auteur mûrir lui aussi, presque de concert avec son personnage.

Super cool : La série est un plaisir qui se laisse lire et relire sans sentiment de lassitude. On se surprend à comprendre et à redécouvrir des passages auquels ont n'avait pas forcément prêté attention. Le choix de l'auteur d'ouvrir la série sur une parenthèse (les faits des 3 premiers arrivent en réalité juste après "l'occultation") ne peut que nous faire détester le personnage principal, tant par son arrogance que pour sa barbarie. La série débute réellement aux deux tiers du troisième volume, et là, on touche au sublime!

Pas cool : Une version anime existe, et là, les seuls mots qui me viennent à l'esprit sont : à éviter. Bien que fidèle à la trame scénaristique (et encore), elle ne transmet pas du tout l'ambiance du manga papier. D'autant plus que les épisodes ne couvrent qu'une partie du manga (jusqu'au tome 13), en omettant certains moments clés. Bref, une flèche dans le genou pour les puristes (ceux qui ont connu Berserk d'abord avec l'animé ne sont évidemment pas d'accord avec moi).

Pour une adaptation animée digne de ce nom, sachez que trois OAV (dont le 3ème vient de sortir) sont disponibles. Cette trilogie couvre l'âge d'or, autrement dit tu tome 4 au 13 environ. Réalisé par les studio 4°, le résultat est à la hauteur des attentes, même si les fans de la première heure discuterons peut être certains partis pris.

 

Berserk

 

Conclusion

J'ai souvent remis en question la pertinence et la justification des bains de sangs dans les mangas, et pour le coup, j'ai été surpris de voir jusqu'à quel point, de la violence et du sang, peut naître une forme de... allez je l'dis : poésie. Berserk est une symphonie dont les partitions trop bien connues du commun des mortels, nous poussent sans cesse à accepter ou à combattre la fatalité. Si on met à part la honte que représente la première adaptation animée, cette série n'a aucun défaut. Clairement réservé à un public averti, Berserk est une superbe saga sur laquelle, on ne peut décemment pas faire l'impasse. J'adore !

 

Critique faite par Alex, propriétaire de l'O-taku Manga Lounge.
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